Faure Gnassingbé, médiateur dans la crise Bissau guinéenne

by Fana KADOASSO
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La Guinée-Bissau a replongé mercredi dans l’instabilité politique qui marque son histoire depuis des décennies. À la veille de la publication des résultats provisoires de la présidentielle de dimanche, un groupe d’officiers a annoncé avoir renversé le président Umaro Sissoco Embaló.

À la tête de la transition, les putschistes ont désigné le général Horta Nta Na Man, qui prendra les commandes du pays pour une période d’un an.

Ce coup d’État survient dans un contexte extrêmement tendu. Le scrutin présidentiel opposait Embaló à Fernando Dias, nouvelle figure politique très suivie dans le pays. Les deux candidats avaient revendiqué la victoire dès le premier tour, alimentant la tension et la méfiance autour du processus électoral.

L’Union africaine et la Cédéao ont rapidement condamné le putsch. Elles ont exigé la libération immédiate du président Embaló et des responsables électoraux arrêtés. A cette heure, il semble que M. Embaló se soit réfugié au Congo Brazzaville.

À l’issue des échanges, le Conseil de médiation et de sécurité a été constitué afin de suivre la crise et formuler des recommandations. Ce conseil a condamné sans réserve la prise de pouvoir par les militaires, exigeant le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel ainsi que la publication des résultats des élections du 23 novembre 2025. Il a également rappelé la nécessité de respecter la volonté populaire.

La CEDEAO a désigné le président togolais Faure Gnassingbé pour diriger une mission de médiation destinée à résoudre la crise politique en Guinée-Bissau. Cette décision est intervenue le 27 novembre, au lendemain du coup d’État militaire qui a renversé Umaro Sissoco Embaló. Réunie en session extraordinaire, l’organisation sous-régionale a examiné l’évolution de la situation à travers une visioconférence.

Il sera accompagné de deux autres dirigeants ouest africains : José Maria Neves, président du Cap-Vert, et Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal.

Petite nation côtière devenue un point stratégique pour les réseaux internationaux de trafic de cocaïne, la Guinée-Bissau enchaîne les crises depuis son indépendance en 1974. Elle a connu au moins neuf coups d’État ou tentatives en un demi-siècle.

Selon plusieurs analystes, ce nouvel épisode ne devrait pas fondamentalement changer la donne : les intérêts liés au narcotrafic continueront de peser lourdement sur la vie politique du pays, quel que soit le pouvoir en place.

En rappel,   le président du Conseil togolais Faure Gnassingbé, n’est pas à sa première médiation. Il avait piloté déjà, pour l’Union africaine, les efforts de médiation dans le conflit opposant la RDC au Rwanda.

 

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